Pourquoi protéger et promouvoir le patrimoine récent ?

  1. Pour ses qualités architecturales, esthétiques et historiques.
  2. Pour le rôle qu’il doit jouer dans le renforcement de l’attractivité et de l’image de marque des villes tunisiennes.
  3. Parce que la mise en valeur des centres-villes historiques est vecteur de création d’emplois.
  4. Pour sa contribution éventuelle au développement durable de nos villes.
  5. Parce que les centres-villes sont d’abord des espaces de citoyenneté et de convivialité ainsi que des hauts lieux de la mémoire nationale.
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Quels critères pour le patrimoine récent ?

Le patrimoine bâti récent mérite l’attention et les égards de tous les Tunisiens pour des raisons à la fois architecturales et historiques, environnementales, économiques et citoyennes.  Dans toute approche patrimoniale de la ville, ces critères – intérêt architectural et historique, développement durable, renforcement de l’activité économique, mémoire citoyenne – sont interdépendants.

Les villes tunisiennes ont la chance d’abriter de véritables catalogues stylistiques de la production architecturale depuis 1800. On y dénombre des palais urbains, des édifices publics néo-mauresques, des immeubles de rapport Art-Nouveau ainsi que des maisons de villégiature et des hôtels de facture plutôt éclectique. Tunis abrite également de nombreux bâtiments aux lignes épurées, illustrant un courant local du style Art-Déco.  L’association Patrimoine 19/20 prône-t-elle, ainsi, la prise en compte de tout ce patrimoine architectural, que ce soit les édifices publics, les ensembles d’habitation ou les bâtiments industriels. Il s’agit d’un patrimoine qui reflète les changements dans les activités significatives de toute une société. Et, à ce titre ainsi que pour des raisons esthétiques, il ne doit pas sombrer dans l’oubli.

À la qualité architecturale répond la qualité urbaine. La ville créée au cours des XIXe et XXe siècles est souvent une ville dense et plurifonctionnelle, l’inverse de la ville « sans fin » du début du XXIe siècle caractérisée par des enclaves hyperspécialisées, le gaspillage énergétique, un habitat diffus et une tendance à la ségrégation socio-économique. Patrimoine 19/20 ne cherche pas à idéaliser l’urbanisation produite en Tunisie depuis le milieu du XIXe siècle. Mais, force est de constater que les centres-villes historiques, denses, plurifonctionnels, abritant souvent des zones de friche, sont aptes à recevoir les premiers éco-quartiers urbains de Tunisie. L’approche patrimoniale ne peut que contribuer à un ordre du jour environnemental. On revalorise le bâti existant, on évite de consommer un bien non renouvelable, le sol, et par des procédés HQE (Haute Qualité Environnementale), on remet en valeur des édifices et des espaces d’une grande qualité. Ainsi, la revalorisation du patrimoine récent serait-elle en phase avec le grand enjeu de notre temps, le développement juste et durable.

Le patrimoine des XIXe et XXe siècles : caractéristiques et localisation

Il serait fastidieux de citer tous les édifices d’importance historique, architecturale ou esthétique réalisés entre 1800 et 2000 en Tunisie. Les inventaires qui restent à réaliser seront longs. À côté de références incontournables, tels les bâtiments institutionnels conçus par des architectes de renom ou les édifices beaucoup plus discrets réalisés pendant la période de la Reconstruction de 1942-1943, figureront des bâtiments industriels, des ensembles d’habitation ainsi que des structures atypiques connus pour l’instant à l’échelle d’un quartier ou d’une région..

Dans ces inventaires, on trouvera certainement de nombreux immeubles et maisons individuelles dont les traits stylistiques (néo-vernaculaires, régionalistes, modernistes) contribuent largement à façonner le paysage des villes tunisiennes. Compte tenu d’une spécificité urbaine locale (concentration de la population sur le littoral est du pays), ce sont les grandes villes côtières qui rassemblent la partie la plus importante du patrimoine architectural récent. Cependant, Patrimoine 19/20 œuvrera pour faire connaître le patrimoine de toute la Tunisie, y compris celui des bassins miniers et des régions agricoles. Ouvrages d’art (ponts et viaducs), villages ouvriers, écoles municipales, fermes et granges doivent figurer dans les inventaires. La mise en valeur de ces édifices aura, sans aucun doute, son impact sur  l’essor de l’intérieur du pays et, notamment,  dans la création d’une dynamique de développement durable.